• De la transition économique à la transition énergétique

    Les enjeux relatifs au changement climatique sont bien souvent mis de côté au profit d'autres problématiques, telles que la lutte contre le chômage, contre l'insécurité, la gestion de la dette publique, etc[1].D'autant plus que beaucoup de citoyens et d'élus estiment que les mesures environnementales nuisent à la croissance, à la compétitivité et à l'emploi. En s'appuyant sur le rapport « Contribution de l'ADEME à l'élaboration de visions énergétiques 2030-2050 » (2013), et notamment sur les trois scénarios tendanciels proposés par l'étude, nous allons démontrer comment l'économie et la transition énergétique peuvent aller de pair.

    http://www.notre-planete.info/actualites/3866-transition-economique-energetique

     

    Les bienfaits économiques de la transition énergétique

    Les trois scénarios tendanciels élaborés par l'ADEME prévoient une augmentation du PIB, et cela « est essentiellement imputable à l'amélioration de l'emploi et à la diminution du déficit de la balance commerciale »[2].

    Ainsi, les créations d'emplois à l'horizon 2050 seraient comprises entre 691 000 et 874 000, en fonction du scénario de mix électrique choisi. D'autre part, il est prévu que le déficit de la balance commerciale se réduise après 2020, car la consommation et les importations d'énergie vont sensiblement diminuer.

    Adapter les logiques économiques aux nouveaux défis énergétiques...

    Rares sont les chefs d'entreprise qui ont pleinement saisi les bénéfices à tirer de la transition énergétique.Bien sûr il existe de plus en plus d'exemples d'entreprises éco-innovantes,Mais il ne faut se voiler la face, car ce sont des exceptions qui confirment la règle.

    Or, l'ADEME démontre dans son rapport que sans même un changement « radical » de nos modes de vie et des activités économiques, la transition énergétique est possible. Pour ce faire, l'activité économique doit davantage se préoccuper des problématiques à long terme. L'économie verte est la seule solution viable, et elle a déjà commencé à se développer, au travers d'activités comme l'isolation écologique et la rénovation énergétique des bâtiments, le recyclage et la revalorisation des déchets, l'éco-conception des produits etc.Les technologies vertes (ou « Green IT ») doivent être mises au service de cette « troisième révolution industrielle », selon les termes de J. Rifkin.Mais aujourd'hui, beaucoup d'entre elles ne peuvent même pas être mises sur le marché, et ce pour plusieurs raisons : elles ne sont pas assez rentables à court terme, elles vont à l'encontre des intérêts de certains lobbies, elles ne sont tout simplement pas bien comprises, etc.

    D'autre part, l'ADEME prouve que cette transition économique aurait des effets très positifs sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. D'où le sentiment que les mécanismes et les politiques économiques peuvent servir la lutte contre le changement climatique, à condition qu'ils soient redéfinis.

    Des perspectives humaines et politiques

    Mais une question demeure : l'Homme sera-t-il capable de maîtriser ce processus de croissance qui aujourd'hui le dépasse ? En effet, on peut avoir des craintes sur la capacité des entreprises et des gouvernements à réorienter les priorités (les transports, l'énergie, le bâtiment, etc.).A ce titre, l'Europe, l'Etat et les collectivités territoriales ne doivent pas uniquement accompagner ces évolutions, ils doivent au contraire les promouvoir et les impulser. Il est nécessaire d'entreprendre un processus de planification, pour mettre en œuvre les réformes et les ajustements économiques structurels exigés par la transition énergétique, et que le marché ne peut prendre en compte.

    Conclusion

    Si les entreprises et les pouvoirs publics ne s'adaptent pas aux nouveaux enjeux énergétiques, climatiques et environnementaux, la transition sera d'autant plus violente et déstabilisatrice. Que deviendront dans 40 ou 60 ans tous ces emplois dans des activités qui reposent, directement ou indirectement, sur des ressources qui sont amenées à disparaître ? Ainsi il faut prévoir, anticiper et planifier le changement. Il est fondamental de comprendre que la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique n'ont pas qu'un intérêt environnemental, car leurs répercussions sur la globalité de l'économie sont aussi positives que décisives.

     

     

    1. http://www.sondages-en-france.fr/sondages/Actualit%C3%A9/Pr%C3%A9occupations
    2. ADEME, Contribution de l'ADEME à l'élaboration de visions énergétiques 2030-2050, juin 2013, p. 40
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